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Journée mondiale des pauvres 2017 - Partie 1

Publié le : 2017-11-19 a 00h00 | Catégorie : Actualité

crédit photo: Pixabay

«N’aimons pas en paroles, mais par des actes », tel sera le thème de la journée mondiale des pauvres décrétée par le pape François  pour le 19 novembre. Nous ne pouvions imaginer meilleur thème pour poursuivre l’invitation faite aux chrétiens-es de participer aux œuvres corporelles et spirituelles suite à l’année de la miséricorde. Inspiré de la première épître de Saint-Jean(3,18), le Saint-Père, dans son message  du 13 juin 2017, nous presse de nous intéresser à la personne pauvre elle-même.  Oui, bien sûr, on peut facilement parler de pauvreté, apporter toutes sortes de statistiques la concernant, mais de la personne pauvre qui vit près de  chez-nous, que savons-nous ? Ce message du pape m’interpelle et suscite en moi bien des réflexions et des réactions. J’ose en partager quelques-unes avec vous.

 Le  premier questionnement  qui me vient à l’esprit  est celui qui touche  les différentes formes  de pauvreté ; d’abord la pauvreté matérielle : A-t-elle du pain sur la table? A-t-elle des vêtements assez chauds pour affronter notre climat hivernal? A-t-elle un logis convenable? Quel est son état de santé physique  et/ou psychologique? Je me soucie ensuite de son isolement soit de sa pauvreté sociale : Y a-t-il quelqu’un qui vient la voir? Peut-elle compter sur le support de parents, d’amis? A-t-elle du travail ? Si oui, quelles sont ses conditions de travail? A-t-elle la responsabilité d’enfants, de parents aînés? Est-elle retraitée? La fréquentation d’une cuisine collective, d’une maison de quartier lui serait-elle profitable? A-t-elle accès à un moyen de transport pour les différents services dont elle a besoin? Quels loisirs lui sont accessibles?

Puis-je faire quelque chose pour elle? À qui pourrai-je la référer si je ne peux l’aider? Que sais-je de la cartographie de la faim? La soupe populaire a des soucis; Vallée Jeunesse est menacée de fermer.  Quelles sont difficultés actuelles de nos groupes communautaires ? Dans quelle mesure suis-je  consciente de la situation de nos milieux socio-économiques?

Il serait facile pour moi de critiquer, de blâmer, les autres  et  les gouvernements en citant tout ce qui ne va pas actuellement. Oui nous avons le devoir de  nous informer, de dénoncer et de condamner.  Oui nous devons lutter contre les innombrables formes de pauvreté parce qu’elles défigurent la dignité personnelle.

 Quelle dignité est-ce que je  reconnais à la personne pauvre ? Si moi je peux lui venir en aide, me suis-je déjà demandé ce qu’elle, elle peut m’apporter? Vous est-il déjà arrivé de venir au secours d’une personne que vous considériez démunie que ce soit au point de vue physique ou mental et qu’à un moment donné, ce soit elle qui vous apporte joie et consolation? La parole de Jean Vanier citée dans Prier la Parole du 3 novembre dernier conforte celle du notre pape : «Le plus pauvre a un pouvoir extraordinaire de guérir certaines blessures de nos propres cœurs»  Se pourrait-il que Jésus lui-même qui nourrit  les foules, guérit les malades, pardonne les péchés, me touche, me parle, me rejoigne par elle?

À la lecture du message du pape François, je ne peux m’empêcher de faire le lien avec le livre de Mgr Ébacher paru récemment : «Il nous aima jusqu’au bout». Ce «roman d’amour» comme il aime lui-même le qualifier couvre quatre chapitres de l’Évangile selon Saint-Jean, les chapitres 13 à 17 soit le testament de Jésus; il est donc normal que les textes sur l’amour de Dieu et du prochain se recoupent. « La vie évangélique, c’est de suivre Jésus, et comme lui se mettre au service des autres. »p.26  nous dit Mgr Ébacher. Citant le grand commandement : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés et «À ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples si vous avez de l’amour les uns pour les autres »,  Mgr Ébacher ajoute à la page 48 «Le disciple accueille dans la foi cet ordre d’aimer en inventant au quotidien des façons de donner sa vie pour les autres en particulier en faveur des plus petits et des plus marginalisés.» Il va même jusqu’à dire : « Il n’y a pas de célébration eucharistique vraie sans la pratique d’un amour effectif qui exige justice, charité, miséricorde, pardon. L’ordre de manger le pain et l’ordre de vivre la charité sont inséparables ».p.32