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Lettre pastorale - Processus synodal

Publié le : 2018-09-07 a 00h00 | Catégorie : Actualité, Communiqué, Diocèse

« Le Christ, nous, nos communautés, nos milieux »

Lancement du processus synodal de 2018-2019

 

Lettre pastorale de Mgr Paul-André Durocher

Septembre 2018

Lettre en version PDF

 

Chers frères et sœurs de l’archidiocèse,

 

Le Pape François, dans son exhortation « La joie de l’Évangile » publiée il y a bientôt cinq ans, invitait toute l’Église à s’engager dans un tournant missionnaire. Il souhaite que les chrétiens et les chrétiennes ne se replient pas sur eux-mêmes mais s’ouvrent au monde qui les entoure afin d’aller annoncer et témoigner de l’amour du Père pour tous ses enfants.

 

À la suite de ma visite pastorale de 2011 à 2013, nous avons répondu à l’appel du pape François et nous nous sommes engagés avec courage et générosité à développer des attitudes favorisant l’implication de nos frères et sœurs en Église (« libérer les trésors ») afin de pouvoir mieux « partager la Parole de Dieu ». Je rends grâce au Seigneur pour tout le travail accompli ensemble pour remettre au premier plan le caractère missionnaire de notre Église.

 

L’an dernier, j’ai écrit une lettre pastorale qui propose quelques pistes pour continuer à avancer dans ce tournant missionnaire. Nous cherchons à passer d’un style d’entretien pastoral qui attend que les gens viennent à nous à un style plus dynamique et évangélisateur qui prend l’initiative et va vers les autres.

 

Mais la question se pose : pouvons-nous le faire? Nos communautés paroissiales vieillissent et les jeunes se font rares. Faute de candidats au sacerdoce, nous devons compter sur d’autres pays pour nous donner des prêtres. Faute de ressources, nous coupons dans les programmes pastoraux. Des gens autour de nous disent que la foi serait devenue superflue dans notre monde moderne, que l’Église ne contribuerait plus grand-chose à la société – encore pire, qu’elle empêcherait la société d’avancer. Se peut-il que l’Évangile soit rendu à ce point caduc que le Christ n’ait plus rien à dire aux hommes et aux femmes d’aujourd’hui? Nos paroisses sont-elles appelées à disparaître sans laisser d’autre trace qu’un patrimoine architectural témoin d’une époque révolue?

 

Devant ces questions dramatiques mais bien réelles, je propose que toutes les paroisses du diocèse s’engagent avec moi dans un grand projet : un processus synodal qui s’étendra du 11 octobre 2018 jusqu’à la fin de 2019.

 

De quoi s’agit-il ? Un processus synodal est une opération communautaire de consultation, de réflexion et de prise de décision. L’adjectif synodal vient de deux mots grecs : syn, qui veut dire « ensemble », et odos, « route ». Un processus synodal nous permet de « faire route ensemble » en nous écoutant les uns les autres, en priant ensemble et en recherchant les pistes que veut nous indiquer l’Esprit-Saint.

 

Au niveau mondial, le Pape convoque des Synodes d’évêques généralement aux trois ans pour se pencher sur un thème spécifique. Cet automne, par exemple, il portera sur « Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel ».

 

Des synodes peuvent aussi se tenir au niveau local. Une recherche à l’internet permet de découvrir de nombreux exemples de diocèses qui, à travers le monde, ont entrepris un tel exercice. Ici à Gatineau, Mgr Adolphe Proulx avait lancé une démarche semblable en 1985 sous le titre : « Une Église à prendre par le Cœur. Gatineau-Hull en Concile. » La réflexion avait porté sur trois thèmes principaux : l’appartenance, la coresponsabilité et l’option pour les démunis.

 

Plus de trente ans plus tard, le temps est venu de nous remettre à l’œuvre. Devant les questions qui se posent, nous devons faire des choix et déterminer les champs d’action à prioriser. Tant le Conseil presbytéral que le Conseil diocésain de pastorale ont proposé que nous fassions ces choix tous ensemble, plutôt que de confier cette tâche à une équipe restreinte. Au début du mois de juin, l’assemblée générale des prêtres, le meet-up de la zone anglaise et le carrefour diocésain ont permis de valider cette intuition. Par une très grande majorité, les participants et participantes ont confirmé que l’organisation d’une démarche synodale diocésaine tombe à point.

 

Le titre de notre démarche nous ramène à l’essentiel : « Le Christ, nous, nos communautés, nos milieux ».

 

Tout commence avec le Christ, car c’est lui qui donne sens à nos vies, qui nous appelle à vivre une relation avec lui et qui nous envoie en mission dans le monde.
Nous sommes tous concernés par cet appel et cette mission ; chaque fidèle dans le diocèse a sa part à jouer.
Nos communautés chrétiennes – nos paroisses, nos espaces de cheminement – nous permettent de faire corps pour approfondir et célébrer notre relation avec le Christ.
Elles doivent réaliser leur mission dans des milieux précis : nos quartiers et nos villages où nous vivons notre foi en la partageant avec les autres, en nous engageant à leur côté pour humaniser le monde et où nous témoignons par notre vie.

 

Quel sera le but précis de ce processus de 18 mois? Nous permettre, en nous ouvrant à l’Esprit-Saint et en nous tournant vers l’avenir, d’avancer avec joie « sur le chemin d’une conversion pastorale et missionnaire, qui ne peut laisser les choses comme elles sont. » (EG 25). Nous cherchons à discerner comment nos paroisses peuvent le mieux répondre à la mission que nous confie le Christ.

 

Comment allons-nous procéder? La démarche synodale sera organisée en trois grandes étapes. La première nous invitera à dresser un portrait objectif de notre situation et à faire surgir les questions que nous portons. Durant la deuxième étape, nous évaluerons cette réalité à partir des valeurs évangéliques et de nos convictions de foi. Nous pourrons ainsi élaborer un instrument de travail pour la troisième étape, où nous tiendrons des assises diocésaines ; des délégués chercheront alors à discerner les priorités pour les années à venir et à élaborer un plan de mise en œuvre.

Voici le calendrier proposé pour l’ensemble de la démarche.

 

11 octobre 2018 : lancement du processus en la fête de Marie, Mère de l’Église

 

Automne 2018 : première étape — analyse de la situation et identification des questions

                       

Noël 2018 : publication d’un rapport synthèse de la première étape

 

Printemps 2019 : deuxième étape — évaluation communautaire des questions soulevées et discernement des pistes d’avenir

 

Juin 2019 : publication d’un outil de travail en vue des assises diocésaines à partir du travail de la deuxième étape

 

Automne 2019 : troisième étape — assises diocésaines et prises de décision

 

Noël 2019 : publication du document final établissant les priorités et des pistes d’action pour nos paroisses et le diocèse dans son ensemble

 

À chaque étape, l’équipe coordonnatrice impliquera le plus de gens possible. Ainsi, pour la première étape, elle prévoit les éléments suivants :

 

Un questionnaire à l’internet pour connaître les opinions de tous ceux et celles qui désirent s’exprimer sur la vie de l’Église ;
Une démarche consultative au niveau des zones et des paroisses, ouverte à tous les fidèles, où chacun, chacune sera invité à prendre la parole, à écouter la parole des autres, à être attentif au travail de l’Esprit Saint en chaque personne et en notre Église diocésaine.
Des activités pour rejoindre certains groupes particuliers : les jeunes, les aînés, les jeunes parents, les immigrants et les responsables d’organismes communautaires ;
Des dossiers statistiques pour dresser le portrait démographique de nos paroisses, ainsi que l’évolution de la pratique religieuse et du soutien financier.

 

La consultation sera ouverte, dynamique et transparente. Le rapport final sera partagé à la grandeur du diocèse.

 

Je vous invite donc à participer pleinement à cette démarche. Informez-vous sur le site web du diocèse. Envoyez vos commentaires et vos suggestions à l’équipe coordonnatrice par le biais d’une adresse courriel consacrée à ce projet : synode@diocesegatineau.org.

 

Lisez les encarts qui seront publiés dans votre bulletin paroissial. Parlez-en à vos amis. Venez aux rencontres exprimer vos opinions. Votre engagement dans ce processus est crucial pour sa réussite.

De plus, je vous invite à porter cette démarche dans votre prière. Seule la prière peut vraiment nous ouvrir à l’Esprit alors que nous nous tournons vers l’avenir pour rêver nos communautés.

 

Dieu notre Père,

nous, les catholiques de l’Outaouais québécois,

nous voulons poursuivre ensemble le pèlerinage de foi

entrepris dans ce diocèse il y a plus d’un demi-siècle.

 

Comme individus et en communauté, à la suite de Jésus,

nous voulons créer des espaces d’Alliance

entre nous et pour le monde.

 

Soutiens notre désir

de prendre ensemble le tournant missionnaire.

 

Les repères sont peu clairs, le sentier à peine tracé,

mais le mystérieux marcheur de la route d’Emmaüs

nous accompagne toujours.

 

Animés par son Esprit et tournés vers l’avenir,

nous pouvons rêver nos communautés de demain.

 

Nous t’en prions :

puisque nos routes personnelles et communautaires

nous ont conduits jusqu’ici,

que le processus synodal dans lequel nous nous embarquons

soit une occasion de faire route ensemble

avec une nouvelle confiance, une nouvelle assurance et une nouvelle ardeur,

pour ta gloire, Père, et le salut du monde.

 

Amen

 

 

+ Paul-André Durocher

Archevêque de Gatineau