Paroles humaines et Parole de Dieu

Je ne crois pas en Dieu!

Ah non? Peux-tu me décrire le Dieu auquel tu ne crois pas?
Je ne crois pas en un vieillard assis sur un trône quelque part dans les nuées qui contrôle nos vies et qui nous guette pour voir si on va mériter le ciel ou l’enfer pour l’éternité.
Eh bien! Moi non plus, je n’y crois pas en ce Dieu là.
Mais, n’es-tu pas croyant?
Si. Mais le Dieu auquel je crois ne ressemble pas à ce que tu as décrit.
Mais en quel Dieu crois-tu, alors?

 

Voilà bien la question fondamentale. Tout le monde parle de Dieu, mais sous cette expression on met toutes sortes d’idées. Et même des chrétiens qui fréquentent la même paroisse peuvent avoir des idées bien différentes de Dieu.

 

Que peut-on dire de Dieu, alors?

Premièrement, on peut dire que Dieu est mystère. Qui dit mystère dit dépassement, incompréhension, incertitude. Mais n’est-ce pas justement notre condition humaine, que de toujours être dépassé par les événements, incapable de comprendre le cœur de l’autre, incertain du sens de la vie? Les grands philosophes buttent toujours sur une évidence : on n’arrive pas à tout comprendre de la réalité humaine, encore moins de la réalité de l’univers. On dit d’un enfant qui naît qu’il vient au monde. On pourrait aussi dire qu’il ‘vient au mystère’. Comment nommer ce mystère? Appelons-le ‘Dieu’.

 

Deuxièmement, on peut faire l’expérience de Dieu. Nous vivons rarement dans la pleine conscience de ce mystère qui nous habite et nous entoure. De façon habituelle, nous nous occupons de choses plus évidentes : le travail à accomplir, le repas à préparer, le bon vin à boire... Mais, de temps en temps, le mystère nous presse, il fait irruption dans notre vie. Ce peut être lors d’une grande joie : la naissance d’un enfant, l’expérience d’un amour profond, la création d’une œuvre d’art. Ce peut être lors d’une grande peine : un échec douloureux, la mort d’un ami, une expérience de pauvreté. Ce peut être d’une façon tout à fait inattendue : en marchant dans la nature, en lisant un livre, en écoutant un chant. Et ce peut être dans le cadre d’une recherche consciente dans la méditation, la contemplation, la prière. Alors, nous faisons l’expérience du mystère, l’expérience de Dieu.

 

Troisièmement, on peut réfléchir sur cette expérience, en parler, avec d’autres. Et de là jaillissent les religions, ces diverses manières de penser le mystère qu’on appelle Dieu et de s’ouvrir à l’expérience de Dieu. Quelqu’un a vécu une expérience de Dieu. Il en parle à d’autres qui sont touchés par son partage. Un groupe se forme. Une façon de vivre se développe. Une religion apparaît. Avec sa façon de comprendre, sa façon de célébrer, sa façon de vivre. Doctrine, liturgie, morale : les trois piliers de toute religion. Parmi ces religions, il y a le judaïsme. Comment les Juifs comprennent-ils le mystère?

 

Le mystère est unique : il n’y a qu’un seul Dieu.
Le mystère est fécond : Dieu donne vie à tout ce qui existe.
Le mystère est personnel : Dieu nous parle et nous écoute.
Le mystère est actif : il agit dans l’histoire.

 

Au fil des siècles, certains Juifs sont reconnus pour leur proximité privilégiée avec le mystère : on les appelle les prophètes. Et parmi ces prophètes, il y eut Jésus.

 

Qui est Dieu, pour Jésus? Allons voir...